Mon Papi

Mon Papi
Tu es né là-bas, en Sicile, 1920, sous le nom de Salvator. Très tôt, tes parents ont décidé de partir vivre en Tunisie. Pourquoi? J'ai jamais demandé... Je ne sais pas comment se passait la vie là-bas, mais je sais qu'à tes 30 ans, tu t'es marié avec Mami, la belle Marie. Vous étiez beaux tout les deux, j'ai vu les photos de votre mariage, vraiment vous étiez sublimes. Quelques années plus tard est né Hubert, puis Martine. Peu de temps apres, direction la France: Marseille ou là encore, vos autres enfants vinrent au monde: mon Papa, Jean-Marc, Véro, Danièlle et Valérie. D'apres eux, tu étais souvent absent, tu travaillais beaucoup. C'est normal, je pense, tu devais faire vivre ta "petite" famille... Au fil du temps, tes enfants se marièrent à leur tour et te donnèrent des petits enfants: Stéphane, Pascal, Giles, Nicolas, mon frère, moi, Fabien, Jessica, Laurent, Marine, Mélanie, Julie et Lucas. Une belle famille malgré les divorces... et un décés... (RIP Michel). Je me souviens qu'étant petite, je disais toujours "c'est la faute à Papi". Ca devait être pour mes 2-3 ans. J'avais cassé un porte-clef. J'ai couru dans le couloir dire à Mami que c'était toi qui l'avait cassé et j'étais allée me réfugier sur les genoux de Nico... Et pourtant tu n'as rien dit,. Tu l'as réparé... Détail futile certes, mais aujourd'hui tellement important... Et toutes ces engueulades avec Mami... Qu'est ce que vous me faisiez rire! Mami qui toujours te cherchait et toi qui renchérissait à chaque fois! Mais malgré ca, avoue que tu l'aimais... Cette bague et ce beau coffret en forme de

1920-2008
Repose en paix Papi
" 1an déjà... "

rose pour un de vos anniversaires de mariage... C'était vraiment trop beau. Et à tes 80 ans, tu t'en souviens? On avait rigolé ce jour-là, tu étais fier, beau, en forme, on était tous là avec toi. On était oui, on était... Les années ont passé, tu vieillissais, tu as commencé à etre malade, à devenir plus têtu que tu ne l'étais et ta santé s'est dégradée. Tu nous as fait beaucoup de frayeurs, mais cette fois, on savait tous que tu n'aurais plus la force de lutter... 11 juin, 18h38, mon téléphone sonne. C'était Maman, elle voulait savoir ce que je faisais. Et elle m'a dit que tu nous avais quittés. Je n'étais pas étonnée mais qu'est ce que c'est doulouruex... Oui maman m'a dit que c'est mieux pour toi mais pour nous, ca va etre dur. On t'a vu t'éteindre à petit feu. Et maintenant ca y est, tu es parti. Tu sais, je n'ai jamais cru en rien, ni à Dieu, ni aux esprits, au destin... Mais là, je n'espère qu'une seule chose c'est que tu es bien, heureux, soulagé. Papi, tu es le seul à qui je n'ai jamais su le dire et j'aurai tellement aimé te le dire avant de partir! Je t'aime! Pas parce que tu es mon grand-père et que les liens du sang m'y oblige mais parce que je le ressens. On ne pleure pas la mort d'un inconnu, on ne pleure pas quelqu'un qui n'a jamais fait parti de notre coeur. Je regrette de ne pas te l'avoir dit, mais je ne regrette pas d'etre venue plus souvent ces temps-ci, je t'aurai vu, une dernière fois...

# Posté le jeudi 12 juin 2008 04:35

Modifié le vendredi 12 juin 2009 11:41